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Des
nouvelles ruses pour piéger les jeunes
Les cigarettiers
prétendent qu’ils mettent sur le marché des nouvelles marques et de
nouveaux produits du tabac afin d’accommoder les fumeurs. En vérité,
ce qu’ils recherchent c’est retenir l’attention des fumeurs et
inciter les jeunes à essayer leurs produits. Les fabricants exploitent
donc l’angle de la nouveauté pour renouveler et améliorer le
marketing de leurs produits, espérant « séduire » toute
une nouvelle génération de fumeurs. Et comme il n’existe
toujours pas de loi qui interdise aux fabricants de commercialiser de
nouveaux produits du tabac, ils en profitent pour inonder le marché de
produits plus attrayants mais toujours aussi trompeurs.
Des
saveurs invitantes
Il y a quelques années,
les seuls produits de tabac aromatisés sur le marché se limitaient
aux cigarettes mentholées et quelques petits cigares de type cubain.
Aujourd’hui, une grande variété de produits (tabac à chiquer, à
priser, bidis, chicha, papier à rouler et mini-cigares) est disponible
dans une panoplie de saveurs évoquant des friandises (fraise, menthe et
gomme balloune), des saveurs exotiques (passion tropicale, martini aux
pommes), et même la consommation de drogues illicites
(« Trip », « Kush », « Purple
Haze », etc.).
L’ajout de saveurs amusantes et exotiques aux produits de tabac est un
leurre très astucieux pour faire tomber les jeunes dans la toxicomanie
qu’est le tabagisme. En effet, l’aromatisation provoque la
curiosité, incite l’expérimentation et diminue les désagréments
des premières utilisations du tabac, puisque tant le goût que la
mauvaise odeur de la fumée sont en quelque sorte atténués par des
agents fruités ou sucrés.[1]
Des
emballages amusants
Certains des nouveaux
emballages de tabac ressemblent à des contenants de rouge à lèvres ou
à d’autres produits fréquemment achetés par les jeunes plutôt qu’à
des paquets de cigarettes. Par exemple, les cigarillos (un produit qui
en vérité est une cigarette dont le « papier » contient du
tabac reconstitué) sont vendus en mini-paquets au même prix que les
tablettes de chocolat que les jeunes achètent.
En 2007, Santé Canada rapportait que le tiers des jeunes (31 %) et la
moitié des jeunes adultes (46 %) avaient déjà expérimenté le
cigarillo, et ce alors que très peu d’adultes de plus de 25 ans n’en
avaient jamais consommé.[2] Parce que les cigarillos contiennent autant
et parfois même plus de nicotine que les cigarettes, ces jeunes
expérimentateurs encourent un risque élevé de contracter une
toxicomanie qui perdurera souvent toute la vie et entraînera leur
décès prématuré.
De plus en plus de marques de cigarettes populaires au Canada sont
vendues en paquets imitant la forme et les couleurs des BlackBerrys, des
téléphones cellulaires et des lecteurs MP3. Les fabricants de tabac
manipulent l’apparence et la forme des paquets de cigarettes, allant
jusqu’à créer des séries de paquets présentées comme des « éditions
limitées à collectionner » !
Présenter des produits du tabac comme autant d’objets courants et
inoffensifs banalise les méfaits provoqués par la consommation du
tabac. Lorsqu’un paquet de cigarettes, ou tout autre emballage de
produit du tabac, se fait passer pour un objet courant, c’est le
fléau du tabagisme qui s’en trouve socialement valorisé et les
cigarettes paraissent plus désirables.
Nouveau
camouflage amélioré
La plupart des
campagnes de santé publique ont mis, à juste titre, l’emphase sur la
cigarette. C’est en partie pour cette raison que lorsque l’industrie
du tabac commercialise un nouveau produit, le public croit souvent, à
tort, que ce produit alternatif est en quelque sorte « moins pire »
que les cigarettes traditionnelles. En ajoutant sur les emballages des
slogans tels « moins d’odeur de fumée », « 100 %
naturel », « tabac séché au soleil », « avec
vitamine C » et « technologie biofiltre.ca » les
fabricants encouragent cette perception erronée en suggérant
malhonnêtement que ces nouveaux produits seraient moins nocifs.
Par le biais de la nouveauté, les cigarettiers ont aisément substitué
aux qualificatifs trompeurs et maintenant interdits « douce »
et « légère », des appellations évoquant la légèreté
sinon la blancheur, telles « veloutée » et
« argent ». Les nouveautés permettent la
commercialisation du même poison, en contournant, pour un temps, les
lois et campagnes d’éducation publique, ce qui permet de recruter un
nouveau contingent de consommateurs.
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ll
faut agir maintenant :
changeons la loi !
Les
gouvernements doivent cesser d’être constamment obligés de
réagir aux initiatives perverses de l’industrie, dont l’ingéniosité
pour renouveler sa gamme de produits mortels est infinie.
De
nouvelles règles doivent interdire toute saveur ainsi que tout
nouveau produit — à
moins que l’autorité publique en décide autrement. Voilà, la
meilleure façon d’entraver le comportement prédateur des
cigarettiers qui n’arrêteront jamais spontanément d’utiliser
la nouveauté pour leurrer d’autres victimes.
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1
Organisation
mondiale de la santé, 2007. The scientific
basis for tobacco product regulation.
2
Santé Canada
, 2008. Enquête de surveillance de l'usage du
tabac au Canada (ESUTC) fév. – juin 2007). |
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